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22 Jan

Auschwitz 2013

Publié par labelette  - Catégories :  #L'angoisse du jour

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Avertissement : ce billet a été rédigé quelques heures après une journée passée sur les camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Il s'agit d'un ressenti très personnel dont je suis la seule à pouvoir juger s'il a sa place ici. La Belette m'a autorisée à occuper son espace le temps d'un billet (elle n'en finit plus de brosser sa moustache)(saoulante) et je l'en remercie car je n'avais pas où m'exprimer sinon. Vous la retrouverez bientôt et elle a plein de trucs à vous dire.

J'ai 35 ans, un mari, deux enfants, je vis au coeur de Paris et je porte un nom de famille juif. 

Je n'ai jamais eu à subir directement d'atteintes à caractère antisémite, excepté des remarques dont les locuteurs ont toujours pris soin de préciser qu'elles ne me visaient pas, moi. Je n'ai jamais imputé au fait que je sois juive quelque comportement "déplaisant" que ce soit. 

Je vis comme tout le monde. 

J'ai vu de très nombreux films, témoignages, reportages, j'ai lu des livres, des fictions, des essais, je suis allée à des conférences sur la Shoah, j'ai visité les camps d'internement français. J'ai discuté avec plusieurs anciens déportés.

Ces hommes et ces femmes auxquels j'ai posé des questions en face à face ont côtoyé les SS en face à face.

Une même vie humaine a pu connaître la Solution Finale et la révolution numérique.

Malgré toutes les images et les récits, malgré les chiffres et les faits, cette terrifiante accumulation de faits, une partie de moi n'a jamais accepté de réaliser.

Comment, au coeur d'une des civilisations occidentales les plus avancées, nourrie des plus grands philosophes, il y a une poignée d'années, tout cela a-t-il été possible?

Des éléments m'ont plongé la tête dans l'Histoire. Sur une liste d'enfants déportés à Dachau, j'ai découvert un homonyme. Une photo de jeune femme à la sortie d'un funeste wagon ressemblait trait pour trait à ma mère. L'année dernière, lors d'un week end à Berlin, j'ai été marquée par un cliché dans un musée : une foule marchant, chargée de valises, sur la rue que j'empruntais l'après-midi même en sortant de mon hôtel écolo-bobo. La foule se dirigeait vers son convoi, j'allais, avec mon mari, chercher des bricoles vintage avant de partir à la recherche d'"un petit brunch sympa".

Il y a soixante neuf-ans. L'année dernière.

Après avoir eu ma fille aînée qui a aujourd'hui 4 ans, j'ai vu La rafle au cinéma. La scène où les enfants sont arrachés à leurs parents a provoqué chez moi un retentissement démultiplié. 

Mon esprit a déconnecté à peine le processus d'identification enclenché. Cette scène ailleurs que dans un film n'était pas humainement concevable.

J'ai souhaité, ainsi que mon mari, aller là-bas, là où cela a eu lieu. Pour réaliser. Parce que des survivants vivent encore. Pour réaliser, voir, rendre concret.

Dimanche 20 janvier 2013, je suis allée en avion à Auschwitz-Birkenau.

Le 20 janvier 1944, d'autres Juifs français faisaient le même voyage.

Ou presque.

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On nous avait prévenus que là-bas, il fait atrocement froid, prenez des polaires, mets trois paires de gants, n'oublie pas de mettre des chaussettes épaisses sous tes bottes fourrées. Ma mère n'a eu de cesse que j'aie chaud, là-bas. Tu auras froid, de toute façon. 

Samedi 4h30 du matin. On quitte notre appartement pour rejoindre l'aéroport. A 10H00, dans le car qui nous conduit de Cracovie ("J'aurais jamais cru que j'irais un jour à Cracovie, la vérité" a déclaré ma voisine de derrière à sa fille) aux camps, je m'endors pendant que la guide raconte l'histoire de la Pologne. 

"Voilà, nous arrivons à Auschwitz, regardez les rails, là-bas". 

Je n'ai plus sommeil. Je ne loupe pas une miette de rail. 

En fait, si, je loupe tout, on ne distingue plus très bien les rails. Je ne sais même pas s'ils sont toujours là. 

Nous sommes maintenant à quelques mètres du camp. 

Des maisons ont été construites là par des Polonais après la guerre.

Ah.

Un ami m'indique que lorsqu'il est venu, il y a quelques années, des bras d'honneur ont accueilli son groupe.

Ah.

On entre dans Auschwitz II comme dans un moulin. 

Euh, c'est sûr que c'est là? Ya pas un truc genre solennel, un grand monument du souvenir, des gens qui surveillent l'entrée, une certaine forme de sécurité? Quelqu'un peut rentrer, taguer, mettre une bombe? 

Genre on s'en fout?

Ah.

La guide attire notre attention sur l'immensité des lieux. 

Nous sommes là où avait lieu la sélection. Les SS fumaient en désignant qui à gauche, qui à droite. A droite, vous allez prendre une douche. A gauche, vous allez travailler, le travail rend libre. 

25 % de ceux qui avaient la chance d'arriver avaient la chance de pouvoir travailler. La notion de chance a évolué, depuis.

75% directement dans la file de droite. 

Sélection, manipulation, injures, mensonge, violence, humiliation, torture, injustice. La face la plus obscure de l'humanité concentrée en ces lieux où nous étions réunis hier.

Mais des lieux désertés. Juste le froid, la neige, quelques bâtiments, des bouts de rails et des salles reconstituées. Le peu qui n'a pas été détruit par les Nazis a échappé de justesse et grâce à des interventions étrangères à la destruction totale par un pays peu enclin à se souvenir de tout, semble-t-il. 

Je me concentre pour repeupler le silence de toutes ces vies qui sont passées par-là. Ce rail, je lui rends ses wagons. Ce bout de terre, je fais appel à toutes les séquences et photos que j'ai vues auparavant pour lui ôter sa banalité.

Les miradors sont comme des cabanes haut perchées. 

La guide raconte, informe, décrit, l'horreur, encore, encore, mais c'est toujours dur de réaliser.

Je me surprends à dire "Heureusement qu'il fait froid".

Le froid en cet instant est ce qui nous lie à eux. 

J'ôte quelques secondes mes gants pour prendre des photos. Je les remets aussitôt, mes doigts sont gelés et douloureux. Déjà.

Mais comment faisaient-ils pour survivre plus de quelques jours, en maigres tissus, pieds nus dans des sabots, travaillant dans la souffrance et sous-alimentés? 

Peu survivait.

Je regarde les barbelés. Ils ont dû tellement les regarder, eux aussi. 

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Les chambres à gaz ici ont été détruites, mais nous voyons les escaliers qui descendaient aux vestiaires. 

Enfin, la notion de vestiaire a, elle aussi, évolué. 

La guide raconte les dernières minutes des personnes ayant subi ce sort. Là encore, mon esprit tente de déconnecter. Ce n'est pas supportable, même à distance, même mentalement. Ce n'est pas supportable.

A côté du petit monument commémoratif, quelques plaques en différentes langues rappellent sobrement qu'il ne faut pas oublier ce qu'il s'est passé ici et que toutes ces larmes doivent servir d'avertissement aux générations futures (générations futures qui n'ont pas toutes compris le message, d'autres génocides ont eu lieu depuis et peuvent encore avoir lieu). Ce site fut celui du plus grand génocide de tous les temps, hein, quelques plaques, c'est le minimum, non? (la sobriété et le minimalisme, c'est bien, mais je sais pas, mettre à cet endroit tous les noms des personnes qui sont parties ici, oui, une par une, c'était une idée, non?).

Dans le froid et le silence, nous écoutons la prière pour les Morts, puis un membre de notre groupe entonne à voix basse une douce chanson d'espoir. Il me semble entendre d'autres voix se joindre à nous.

Minute de silence.

Nous repartons, nous sommes en retard pour la suite du programme et n'avons pas le temps de visiter les baraquements, ce que je regrette. J'avais beaucoup de questions à poser sur la vie quotidienne.

Nous sommes tous affamés et dévorons notre repas dans le car. Il faut dire qu'on n'a pas mangé depuis 8 ou 9h et on est très fatigués. Déjà.

L'après-midi, Auschwitz I.

Là, les "travailleurs" restaient des heures dans le froid pour l'appel, ici, on pendait les récalcitrants, nous entrons à présent dans "l'hôpital" où l'on éliminait directement les malades via une piqûre. Regardez, c'est le "mur d'exécution". A droite, le bloc où les punitions les plus strictes étaient administrées. Dans ce bâtiment, Mengele et d'autres "médecins" pratiquaient tranquillement leurs expériences, pour stériliser les femmes ou (je ne peux répéter la suite). Les couches d'horreur se superposent et coexistent. Elles ont toutes eu lieu.

Nous entrons dans le musée. Le récit se poursuit, des photos, des destins racontés. Une carte d'Europe. Des courriers administratifs. 

Et puis.

Un haut le coeur me prend violemment sans que je m'y attende, j'étais en train d'écouter la description des pays concernés par l'horreur. 

Face à moi, des montagnes de lunettes. 

Des monticules de cheveux.

Des dents en or, des jambes de bois.

Des brosses, des miroirs, des poudriers par milliers.

Des chaussures entassées à perte de vue.

Des vêtements de bébé.

Derrière chaque objet, une vie.

Et ce sont toutes ces vies qui surgissent devant moi sur le lieu même qui les a vues s'éteindre.

Coucou, j'ai deux ans et j'adore jouer au ballon, tu viens jouer avec moi? 

Bonjour, je ne sais plus où j'ai mis mon livre sur les voyages, j'adore les voyages, vous l'avez vu? 

Mon poudrier, c'est mon préféré que j'ai pris avec moi, c'est la couleur qui me rend la plus belle!

Hier soir, on a repris l'avion après un petit tour au duty free et quelques parties de ruzzle, c'est vraiment addictif ce jeu.

Un instant, on a craint que l'avion ne parte pas à cause de la neige. 

Attends, plutôt mourir que de passer la nuit ici. 

Finalement, on s'est envolé. 

Dans l'avion, j'ai repensé à ce que m'avait dit un jour un de ces hommes tatoués d'un numéro indélébile. 

"Mais l'ambiance devait être terrible, là-bas"? lui avais-je demandé.

"Mais non, on riait pas mal, figure-toi, on s'était fait notre petit monde, il fallait bien".

Nous aussi, hier, on a dit pas mal de conneries.

Mais comment ils faisaient sans Internet?

Ils devaient grave cailler sans Uggs.

Ils ont pratiqué à Auschwitz toutes les formes d'humour. Et surtout, l'humour juif, celui qui, par le biais de l'auto-dérision, met en lumière l'absurdité de la condition humaine tout en la rendant plus supportable.

La dérision peut aider à être soi et à accepter le monde qui nous entoure.

Chacun sa façon de s'aider à exister. C'est aussi la mienne, en 2013.

Ce billet est dédié à toutes ces vies. 

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ariana lamento 29/01/2013 16:41


C'est le silence qui m'avait frappée quand, petite, je suis allée "visiter" Dachau.


Je ne désire pas voir le film La Rafle, mais je joue de la flûte tous les ans pour Yom hashoah.  


Ce texte est très bien écrit, merci pour ceux de ma famille qui ont péri à Auschwitz.

pascale 28/01/2013 18:03


Bonsoir Belette,


J'avais emmené nos filles de 10 ans visiter Dachau près de Munich. Un moment de reflexion, de souvenir, un doigt sur la réalité de l'histoire.


Il y a deux ans, je les ai emmnenées visiter Berlin,


http://www.berlin-en-ligne.com/visite/monuments/memoriaux/holocaust_denkmal.html


là on peut y lire les noms de tous ceux disparus. Il faut en gros 15 ans pour lire TOUS les noms et leur histoire.


Je recommande ce lieu.


Plus près de chez toi, tu peux derriere la Cathédrale de Paris, descendre dans le mémorial des déportés.


http://www.defense.gouv.fr/site-memoire-et-patrimoine/memoire/hauts-lieux-de-memoire/le-memorial-des-martyrs-de-la-deportation


Ce monument a été dessiné par mon grand oncle, Georges Henry Pingusson. C'est aussi un lieu de pause au coeur de Paris, une architecture qui marque. Il y a des salles privées que j'ai
eu la chance de visiter, c'est remarquable.


Il ne faut pas oublier, et c'est en partageant des articles comme les tiens que tu maintiens le souvenir. Bravo et merci gentille Belette!


 

labelette 30/01/2013 23:19



Oui, je connais les deux lieux dont tu parles, mais tu fais bien de les évoquer, ils méritent qu'on s'y attarde. 



Danyth 24/01/2013 15:04


Mêmes sensations ressenties lors de mon voyage en 2005 que j'ai voulu effectuer quand il faisait froid sur place pour tenter d'être au plus près (mais est-ce possible ?) de ce qu'avait dû subir
ma mère et sa famille... Voyage au bout de l'enfer dont on ne revient jamais indemne... même 65 ans après...

Bonnemine 24/01/2013 14:58


Tout d'abord je suis contente que tu sois revenue ! Et qui plus est pour nous servir un article comme celui-ci ! Je ne suis pas Juive mais cette partie de leur (ton) histoire me touche à un
point....Je lis beaucoup et régulierement je ressents le besoin d'y retourner en lecture, je ne me l'explique pas, c'est ainsi. Quelle injustice n'empêche....

Jeanne qui connaît Stéphane 24/01/2013 10:58


Je suis heureuse que le blog se soit ouvert à ce billet et aux nombreux commentaires qu'il a suscités. C'est important de constater que nous sommes nombreux à porter cette mémoire et surtout
cette empathie. Mais un problème continue à se poser à moi: comment la transmettre? J'ai le choix de ne pas aborder cette période avec mes élèves (d'ailleurs je ne peux pas, je pleure
directement). Je fais part de ma réflexion, de mes sentiments mais je sens bien que ça ne résonne pas toujours. 

Herisson 23/01/2013 17:39


Et attendant de faire 


moi aussi ce voyage
je pose ce commentaire 

1 pierre pour 1 passage

jasmine511 23/01/2013 14:00


Bon ben voilà je pleure ... Quel récit poignant. Je me suis toujours dis qu'un jour j'irais là bas, mais je ne l'ai pas encore fait de peur de craquer, pleurer et ne pas m'arrêter tout le long de
la visite. Il est important de se rapeller ce que l'Homme peut faire... 

Ginger 23/01/2013 12:36


Poignant...

sous les galets 23/01/2013 10:25


C'est très courageux d'avoir fait ce voyage, j'en serais incapable, cette période me hante. C'est très courageux aussi de poster ce billet sur un blog qui nous a habitués à plus de légereté. Un
blog à deux faces en somme. J'aime bien. Belle journée à la belette et sa mystérieuse collègue

Unconventional girl 23/01/2013 00:05


A l'incompréhensible et a l'inhumain...il faut s'autoriser a
pleurer, il faut alors rire aussi pour résister, pour s'échapper, pour continuer a entendre l'innommable, pour le raconter a nos enfants, a nos petits enfants, pour ne pas oublier....Merci ,
encore mille merci pour ce billet .

choupinette 22/01/2013 23:50


mes larmes coulent en silence...


Je pense souvent a toutes ces personnes, tous ses hommes, toutes ses femmes et tous ces enfants..


 


Ton recit m'a boulversée, je pleure et je ne peux pas m'arreter....

Amélie 22/01/2013 23:06


Bonsoir,


d'abord merci de nous faire partager cela.


Ton article me fait le même effet que la Rafle, chamboulée... Comme tu l'as dit : comment esy-ce possible ? comment des hommes ont-ils pu faire ça ? pourquoi ?


Je te trouve bien forte d'avoir pu aller sur le site d'Auschwitz ! J'aimerais ! Mais serais-je assez forte ? Ai-je le droit d'entrer dans ce lieu du souvenir ? J'aurais l'impression de "violer
une tombe" ... Peur que cela ne s'apparente à du voyeurisme, enfin que l'on puisse le considérer comme tel car moi, au fond de moi, je sais que ce n'est pas le cas.


Je ne suis pas juive, mais je me sens "concernée" - une petite soixantaine d'année seulement ne s'est écoulée - et si ça avait e nouveau lieu ? et si ... ? et si ... ?


Je suis enseignante, je n'ai encore jamais abordé cette partie de l'histoire avec des élèves - chaque année j'y "échappe" car je change de niveau etc ... et pour l'instant ça me va, je me suis
beaucoup documentée, j'ai lu, j'ai regardé, j'ai écouté ... mais je n'arrive pas à mettre de la distance entre ce que je ressens face à cette atrocité et les faits !


En tous cas merci d'avoir exprimer ton ressenti après cette journée qui a dû être en effet riche en émotions !

la Ptite Bulle d'Elo 22/01/2013 23:00


C'est vrai que c'est affreux de penser à tous ces pauvres gens et à leurs tortures... La Rafle m'a soulève le coeur, j'ai énormément pleuré et je sais qu'en je ne pourrais pas le revoir... Mais
comme toi, j'aurais aimé en savoir plus sur leur vie au quotidien, même si cela peut être pris pour ce la curiosité morbide et je pense qu'une stèle avec les noms de tout ceux qui ont péri serait
un miminum... Bonne soirée :-) 

Stiop 22/01/2013 22:48


Très intense, difficile d'écrire après avoir lu ça.

Carole Perle 22/01/2013 20:09


Oh! Ma petite Belette ! C'est exactement toi, cet article. Ton regard qui a le courage de regarder les choses en face et ton sens de l'absurde qui aide les autres à en faire autant. Bravo et
merci. Jamais je ne pourrais aller là bas, jamais je ne pourais en parler. Mais y aller, en parler , en parler comme ça... J'ai pu lire jusqu'au bout et je t'en remercie. Et tout du long, j'ai eu
confiance dans ton absolue sobriété et dans ton art de l'équilibre. Pfff! Merci.

working mum 22/01/2013 19:31


très bel hommage, émouvant

lili 22/01/2013 13:39


que d'émotions. J'ai toujours pleuré devant les films retracant, ce passage noir de l'histoire. Moi aussi la scene ou les enfants sont enlevés de leurs parents me fait une douleur en moi.
Pourtant je n'ai pas d'origine juive mais je ne peux concevoir que l'histoire a vécu cela, que des personnes ont vécu cela.


Ce texte est magnifique, et je le partage de ce pas, parce qu'il ne faut pas oublier. Merci.

Elynor 22/01/2013 13:20


J'aime beaucoup ton témoignage, on ne sait pas à quoi s'attendre et puis quand cela passe, ça se passe mais on n'oublie pas l'émotion. Ça m'a rappelé que ma meilleure amie et moi, nous sommes
allées dans le théatre où les juifs étaient regroupés avant de partir dans les camps : le Hollandsche Schouwburg. On y a vu son nom de famille. J'ai éprouvé une grande tristesse et je me suis dit
que 60 ans auparavant  l'amitié entre une française catholique & une juive hollandaise n'aurait jamais pu exister. Mon amie elle était contente que ses grand-parents soient inscrits à
côté des noms tels qu'Anne Frank, cela leur rendait hommage. Puis nous avons mis une pierre pour dire qu'on est passé et on est allée au musée Anne Frank et j'étais deçue qu'il soit si vide.
Enfin c'est normal, les allemands on tout pris et vu le nombre de visites, on ne pourrait plus passer dans les pièces s'il restait des meubles ! Du coup je me suis racrochée à des traces de
crayon sur les murs, un livre, j'ai fermé les yeux et je me suis remomérée son journal et ça y été je voyais tout ! Maintenant j'attends que mon amie murisse pour qu'on puisse aller en Pologne
ensemble. C'est ma façon de revivre l'histoire et de rendre hommage à ces personnes :) 

Bénédicte 22/01/2013 13:20


Il est 13h, l'heure de ma pause dej', quand je lis ton billet.


Difficile de regarder son sandwich de la même manière.


Mon arrière grand-mère cachait des juifs chez elle, cela me semble bien abstrait toutes ces années après....Les chaussures des petits bouts aident à comprendre.


Merci d'avoir partagé avec nous cette visite et et ton ressenti.

Alphonsine 22/01/2013 13:16


La dernière fois que j'ai eu envie de vomir, c'est lorsqu'on nous a fait visiter une prison (j'étais élève-avocat). On nous montrait les prisonniers comme des bêtes. C'était ici en France,
j'avais 24 ans !

À propos

Avec des lunettes multi-filtres, pour nous offrir un peu d'air frais.