Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 Jun

Et si je meurs?

Publié par labelette  - Catégories :  #L'angoisse du jour

IMG_0946.jpg

Il est des pensées dans lesquelles on se baigne avec allégresse et d'autres qui nous font invariablement sombrer dans une angoisse oppressante.

Parmi ces dernières (eh oui, dommage), la notion de NEANT n'est pas exactement des plus kiffantes.

Oui parce que figurez-vous, en dépit de tous les extraordinarismes dont nous sommes chacun munis, nous avons tous un programme en commun, une étape que nous ne sommes pas équipés pour contourner.

Vous venez d'atteindre la case "néant", pas la peine de relancer les dés, ya plus de dés.

Une fois morts, comme personne n'est revenu nous dire ce qui se passera, on a imaginé plusieurs options et nous choisissons tous celle qui nous paraît être la meilleure perspective. 

1 )- LE NEANT : voilà, j'ai basculé. Je n'existe plus, je suis sortie de mon être, je n'ai plus ni enveloppe corporelle (ce qui est positif par certains aspects, fini la cellulite) ni conscience (ni culpabilité, donc) (c'est top, le néant), ni sensations. 

Comme il nous est très difficile de concevoir le fait qu'un jour on ne soit plus, on croit qu'on SERA DANS LE NEANT. 

Concept original qui consisterait à s'imaginer voletant dans une immensité à perte de vue sans jamais s'arrêter, sans jamais traverser que l'obscurité, sans jamais sortir d'une lissitude infinie.

C'est là qu'intervient l'angoisse.

Quoi? Je serai là, moi, à ME FAIRE CHIER POUR L'ETERNITE?

Pour éviter de trop penser à cela, en attendant, on s'occupe comme des malades.

On téléphone, on travaille, on discute, on mange, on s'énerve, on bronze, on fait du deltaplane et de l'escalade (j'ai pas dit que je faisais tout) (je téléphone peu). 

Certains sont tristes et préfèrent encore le néant, toujours mieux que des prises de tête et plus radical. Ils soignent leur mal de vivre par une autre vie, la mort.

Certains sont survoltés et se donnent sans cesse de nouveaux challenges, défis à relever, tu vois

Certains ne se préoccuppent pas de l'après, la survie, c'est maintenant.

Bref, tout le monde fait ce qu'il peut. Et parfois, même, le néant a ceci de réjouissant qu'il nous permet de RELATIVISER.

Attends, dans 800 ans, personne ne saura qu'hier j'ai dit un truc complètement con. 

Hum, je ne vais pas me rendre malade à cause de ton jugement erroné (connasse) sur moi, puisque toi aussi, prochainement, tu erreras bêtement dans le vide en n'ayant personne à qui parler de moi. 

Bon, c'est pas si grave que tout ne se soit pas passé exactement comme je voulais, c'est pas la fin du monde, j'ai qu'à me trouver une autre activité. 

J'expliquais récemment à quelqu'un certaines de mes angoisses existentielles, cette forme de vertige qui interrompt ta tranquillité comme mise en danger suprême (ouais c'était trop sympa comme discussion), ce à quoi on m'a répondu : "Mais tu ne penseras et ne ressentiras plus, donc ça ne t'angoissera pas, alors ça sert à rien de t'angoisser avant".

Attends, t'es ouf ou quoi?

C'est hyper angoissant de savoir que je ne m'angoisserai plus.

Je pourrai même pas kiffer du fait de ne plus angoisser.

Mais tu n'auras plus conscience de tout ça. Cela n'a rien d'effrayant!

Tu comprends bien que je ne peux pas rendre réel dans ma tête le fait qu'à un moment je ne serai plus réelle? Je serai où si je suis nulle part?

Comme vous pouvez le constater, cette option "la mort = le néant" n'est pas choisie par tout le monde.

2 ) LE PARADIS/L'ENFER

Chez les anges 

Si je ne dis pas de mal de mon Prochain, si je fais du yoga et surtout si je mange bio, à moi les journées affalée sur un nuage cotonneux à mater tout ce qui se passe en bas, à moi les sourires niais parce que je ne croiserai que des gens hyper zen qui ont grave mérité leur place à côté des anges, à moi les plaisirs en boucle (mais pas des plaisirs sulfureux, ah non, des plaisirs SIMPLES) (genre du thé vert, le même à siroter à l'infini). 

Comme j'aurai passé ma vie à faire de bonnes actions, au paradis, je continuerai. 

Comme tout truc permament, ce serait routinier et on finirait tous par faire la queue là-bas d'où jaillissent des flammes et des serpents, un peu d'action, merde.

Remords

Dans la barque, entourée de vapeurs brûlantes, accompagnée par un personnage dont je n'ose croiser le regard, je ne fais pas ma maline. 

Putain j'ai dit trop de conneries dans ma vie.

J'aurais jamais dû voler ces paillettes au supermarché quand j'avais 3 ans. 

On m'avait dit de ne jamais critiquer ni juger autrui, et j'ai pas tenu deux secondes.

J'aurais dû au moins forcer à faire une sortie scolaire en plus.

Deux glaces, c'était trop après le repas.

Au bout du trajet, je suis jugée par un tribunal qui n'en laisse pas passer une. On m'indique que je suis condamnée à me taper toutes les personnes anxiogènes, tous les cons et tous les emmerdeurs qui m'empoisonnaient la vie.

Je ne connaîtrai plus que des trucs excessifs, du coup horribles.

Alors, je mettrai un masque et une auréole et je ferai la queue là où les gens sourient bêtement.

3) LA REINCARNATION

La mort? Même pas peur. 

Avant, j'étais une fée. J'aidais les princesses des contes. Pas que. 

Figure-toi que dans ma 76è vie, j'ai sauvé l'humanité.

La ramène-pas, on m'a dit qu'il y a longtemps, j'étais une reine hyper classe, le monde se prosternait à mes pieds. Je suis sûre que c'est vrai, je sens que j'ai encore ce petit truc magnétique, là. 

Du coup, çe ne me gêne pas de mourir. Je me réveillerai peut-être en concombre et serai alors promise à un destin de tzatziki chez un célèbre traiteur, ou alors je serai un élégant mécène (je serai riche, brillant, et généreux), ou un sage genre au-dessus de la mêlée, ou une pivoine qui sentirait grave bon. 

J'ai tout intérêt à mourir, parce que c'est clair que je vais adorer ma prochaine vie, elle va être exceptionnelle, je vais être exceptionnelle, une meuf qui m'a fait les lignes de la main dans le métro (avant de voler mon sac) me l'a dit. 

CONCLUSION

Je crois qu'il faut faire un petit mix de tout cela.

Relativiser, c'est jamais de l'énergie perdue.

Croire en l'enfer, ça ne fait pas de mal aux cons.

Croire au paradis, oui, c'est toujours mieux que l'enfer.

Si le néant existe et moi plus, autant ne pas me prendre la tête dès maintenant.

Quant à la réincarnation, après tout, c'est vrai, mon grand-père adoré, je sens bien qu'il s'est réincarné en plein de gens hyper bien. 

Je sens que je deviens bouddhiste. 

Dans l'idée. 

Commenter cet article

Jimidi 24/06/2013 07:45


On s'en fout : On ira tous au paradis. C'est Polnaref qui l'a promis ! Perso, je me vois assez partir pour un rêve sans fin. 

labelette 25/06/2013 01:46



Un rêve sans fin, c'est vrai que ça donne envie!



Mikl 24/06/2013 00:11


On ne devrait jamais parler tout seul devant un évier. Surtout pour commenter un billet de DB. Surtout pour dire "Ouai mais bon, moi la réincarnation, j'y crois pas."


- Tu veux parier?... a aussitôt ironisé le lave-vaisselle.

Alphonsine 23/06/2013 12:20


Oui mais si la Belette-concombre, au lieu de finir en tsatsiki chez un traiteur renommé, finit sa vie déséchée au fond d'un frigo, il vaut mieux ne plus croire en la réincarnation, non ?

Ginger 21/06/2013 16:19


Tu as pensé que tu pouvais aussi te réincarner sur une autre planète d'une autre galaxie ?!

labelette 21/06/2013 17:28



Dis-moi où tu comptes te réincarner, je connaîtrai au moins quelqu'un dans ma prochaine vie!



Paula 21/06/2013 15:45


Tu es timbrée ma pov' lucette mais c pour ça qu'on t'aime aussi ;-)

labelette 21/06/2013 17:30



C'est la première fois qu'on me dit que je suis timbrée, je suis super émue! Merci!



Stiop 21/06/2013 15:14


Le thé vert sur un bout de nuage avec une auréole qui plane sagement sur la tête, franchement j'hésite. Ça dépend, c'est Clayderman en fond sonore ?


Longue vie, La Belette !

labelette 21/06/2013 17:30



Bien sûr que c'est Clayderman. En boucle et re-boucle!



À propos

Avec des lunettes multi-filtres, pour nous offrir un peu d'air frais.