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09 May

Gagnaire dans le petit bain

Publié par labelette  - Catégories :  #MANGER - MANGER - MANGER

Bon, tu choisis un super resto et on se fait ça tous les 4 cette semaine, Ok?

Oui, mais euh...

Quand on décide de faire un très bon resto dans Paris et qu'on s'y prend 3 jours avant, l'éventail des possibilités est plus que restreint. Car voyez-vous, par un phénomène que je n'explique pas, les bonnes adresses sont particulièrement courues et les dernières minutistes sont rarement les mieux servis.

J'essaie Thoumieux où officie désormais Piège.

Une table de 4 pour dans 3 jours? Pas de problème! A quelle heure? Pas de problème!

Attendez... Euh, on parle bien du restaurant du 1er étage?

Ricanement. Ah non bouffonne, il faut réserver au moins un mois à l'avance. 

Je me replie sur Gaya, un bistrot marin-contemporain amarré à 2 pas du carrefour du Bac et de chez nos amis. Vouant une admiration sans borne à Pierre Gagnaire (3 macarons) depuis un mémorable déjeuner il y a 12 ans (il faut d'ailleurs absolument que je me remette à jour en Gagnaire), cette "2è table" du maître suscitait ma curiosité depuis un moment, même si des amis passés par là entre temps avaient émis quelque déception.

La résa est validée, ce n'est pas du meilleur augure, mais comme la table n'est pas franchement récente, ça ne me dissuade pas.

Le soir arrive, on retrouve nos amis qui profèrent une avalanche de politesses  "de peur de se retrouver sur le blog" (j'ai commencé à douter quand S m'a dit "j'adore ta coiffure"). La salle est petite, semble relativement attrayante mais on nous conduit au 1er étage dédié aux dépressifs. J'avais lu que le décor de Christian Ghion était "élégant, frais, joyeux et convivial". C'était bas de plafond, très sombre et oppressant, avec pour seule fantaisie les tables au décor végétal. J'ai vérifié plusieurs fois, il y avait bien marqué "joyeux" sur la présentation.

Le service était décrit comme attentif, simple (ah ça, incontestablement) et décontracté. 

Oui, mais on aurait bien aimé ne pas avoir à demander ce qu'étaient les mises en bouche nonchalamment posées devant nous. 

Une serveuse gentille, mais sans relief. Un serveur avec un accent très prononcé qui rendait encore plus incompréhensibles les plats de la carte.

La carte : un papier à déplier dans le sens de la longueur, avec le "semainier" (chaque jour, une proposition phare) et la carte (de saison of course). SI vous espérez trouver un "entrée-plat", allez naviguer ailleurs. Chez Gaya, on nous parle  "mise en bouche" (à 38 euros on comprend vite qu'il s'agit d'une entrée, et pas d'une simple "bouchée apéritive") "Insolites", "essentiels", "pêche modeste" et "marée noble".  

Je me lance dans les "tranches de thon blanc Germon à l'amontillado, ratatouille aux abricots moelleux, toast olive noire/olive verte". Je reçois ladite assiette, et m'étonne que le thon soit cru alors que ce n'était pas indiqué sur la carte. C'est très frais, le thon c'est vrai c'est bon surtout le Germon, la ratatouille abricotée est un peu brouillonne mais intéressante (Gagnaire excelle en sucré-salé). Sommes pas dans le domaine du transcendant, mais c'est équilibré et plutôt réussi (suis plus contente de mon entrée que les autres des leurs).

La majorité de la table s'oriente ensuite vers des "langoustines poêlées à l'orange séchée, velouté de lentille du Puy au curry vert; quenelles (petits pâtés de 1 cm2) de parmesan et cordifole (une salade grasse au goût très prononcé). Verdict positif de la plupart, sans emballement.

Rien ne me tente pour les desserts, j'opte finalement pour la "tarte sablée de fraises Gariguette, glace Malabar". Dans ma tête j'ai pensé Carambar et j'ai été déçue en réalisant que c'était Malabar. J'ai pas aimé le côté "industriel" du propos, la tarte était bonne mais relativement commune, avec des cubes de guimauve (la glace au Malabar n'était pas assez sucrée?). Les autres ont trouvé que le dessert récoltait la meilleure note du repas.

Alors? Globalement mitigés, de l'originalité, des plats plutôt bien réalisés mais sans la touche qui tue, un esprit Gagnaire décelable de-ci de-là, de bons produits, un non-décor et un non-service, un manque de cachet. 

Faut-il y aller? A 100 euros/tête (en étant plus que minimalistes sur les boissons), préférez d'autres adresses comme la Kitchen Galerie, sinon, laissez passer 2 tours et allez directement chez Pierre Gagnaire dans le 8è (inouï). 

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Jo Borrel 31/01/2012 03:19


Ah ! tes critiques culinaires... Avec toi au moins le mot critique prend toute sa valeur, hi hi.


Bon, jz change de page.

labelette 31/01/2012 22:29



Ouais, quand j'adore j'écris pas... (mais c'est un débat). 



E 12/05/2011 02:06



C'est amusant en sortant du restaurant j'ai dit à S que pour le prix la Kitchen Galerie était largement au dessus.


 


 



labelette 12/05/2011 16:05



Comme ça on aura été synchro jusqu'au bout!



Les Amis de la Belette 10/05/2011 14:10



La Belette est un petit mammifère carnivore de la famille des Mustélidés et aussi de celle des FinsGourmetsPleind'Idées. Pas étonnant que tu ne te contentes que de l'excellence et de l'exquis
! La prochaine expérience gustative sera, je te le souhaite, compatible avec ton degré d'exigence et de raffinement.



labelette 10/05/2011 18:10



J'aime beaucoup cette nouvelle catégorie animalière, je te suis reconnaissante de me l'avoir attribuée!



À propos

Avec des lunettes multi-filtres, pour nous offrir un peu d'air frais.