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31 May

Patrick Bruel, je ne t'appellerai jamais Patriiiick

Publié par labelette  - Catégories :  #People OK j'en parle

Hier, je suis allée au concert d'un chanteur français que certains d'entre vous, très pointus, connaissent peut-être.

Patrick Bruel.

Je confesse et j'avoue que j'ai fait partie des jeunettes qui, il y a une vingtaine d'années, avaient un petit penchant pour le personnage, sans pour autant avoir jamais versé dans une quelconque forme d'hystérie bien sûr, vous me connaissez, la sobriété incarnée.

Il faut dire qu'à l'époque, j'avais des excuses, j'étais jeune et j'étais loin d'avoir acquis cette sagesse qui me caractérise aujourd'hui (en plus de ma sobriété, donc).

Je lui trouvais alors un certain charisme et un charme, il semblait allier intelligence et sympathie, autant de qualités qui n'étaient pas tombées dans l'oreille d'une aveugle.
Si alors j'aurais rêvé de pouvoir assister à l'un de ses concerts, je n'ai finalement jamais pu, et je dois reconnaître que passée ma période somme toute assez courte de "putain je le kiffe", je n'ai plus jamais racheté d'album ni ressenti ce même élan de pré-ado.

Bref, avec les années, j'ai peu à peu dékiffé Patrick Bruel, fortement aidée il est vrai par des chansons qui m'indifféraient (voire me saoulaient) royal et par différentes déceptions.

Et puis, il y a quelques mois, mon amie Lau, sur le point de prendre des places pour "Bruel au Zénith en mai" me demande si j'en veux une.

J'ai pas réfléchi et j'ai dit oui, me remettant dans la peau de celle qui en crevait d'envie à ses 15 ans.

Une revanche sur la vie, aurait dit Bruel. 

Bref, hier soir, je n'ai bien évidemment pas l'excitation que j'aurais eue à l'époque, je suis surtout curieuse de voir l'animal qui souleva jadis tant de passions (je suis aussi flippée à l'idée qu'on ne se tape pendant tout le concert que ses nouvelles chansons).

Sortie du métro Porte de Pantin, je suis les essaims d'abeilles enfièvrées, des abeilles vieillissantes certes mais frétillantes. 

Je retrouve par miracle Lau et une amie dans la foule, et, second miracle dont Lau a le secret, nous voici en quelques secondes dans la salle.

Lau a un ami en ligne, lui aussi est dans la salle, elle se lève pour lui faire des signes, elle et lui ont une technique pour se situer.

Vas-y Lau, il te voit, on est à peine 4000.

La salle est bondée, je cherche Amanda Sthers pour vérifier si elle est toujours avec Sinclair, tu crois qu'elle est là, ouais, elle dit qu'elle va aux spectacles de son ex.

Pendant la première partie, trois musiciens expriment clairement leur plaisir d'être là (on discutera avec l'un d'eux à la fin, il vivait là "un des plus beaux jours de sa vie", surchou). 

Finalement, Bruel rapplique sous des clameurs déchainées d'où fuse une petite poignée de Patriiiick.

Il commence par un "J'te l'dis quand même" complètement réorchestré en mode speed.

Qui peut dire aux chanteurs que les gens préfèrent toujours les versions originales?

Bruel désormais se la joue plus rock, même si le reste de l'attitude ne l'est pas des masses.

Le début est plutôt sympathique, bonne ambiance, tout le monde est très content d'être là, ça chante à tout va, y compris ma voisine dont je me suis farcie tout le long l'atroce voix.

Bruel prend la parole, nous remet dans le contexte de création de chaque chanson, et bon, S'ECOUTE A MORT. Il n'en peut plus de lui et de son intelligence, de la profondeur de ses paroles. Cela m'est assez pénible (insoutenable).

Et puis, il reprend en mode Ruquier " Ce soir je ne chanterai pas... telle chanson" (et il chante un micro-couplet de chacune) (manque de bol, toutes les chansons qu'il ne nous offre qu'en échantillon sont mes préférées).

Voyez-vous, je suis de ceux qui préfèrent l'ouvertement light au pseudo "j'ai tout compris à la vie".

Ainsi, je me délecte de "La fille, fille, fille de l'aéroport... Cette fille, fille, fille... J'y pense encore.", de "J'en ai marre de cette nana-là, marre de cette naaaana, j'étais bien mieux avant", voire "de "Comment ça va, comment ça va, pour toi? Oh oui pour moi, oh oui pour moi, ça va pas, mais pas, mais pas du tout".

Dans ces chansons-là, il dit la même chose que dans les autres, mais nous épargne les "Tu m'as fait ce que je suis", "La différence s'appelle l'amour" et autres "sourire au coin des yeux". 

Pour en revenir au fil de la soirée, le duo avec le rappeur La Fouine nous laisse voir un Bruel pas forcément à l'aise dans tous les registres. Nous avions déjà remarqué que certains créneaux n'étaient pas forcément son truc, tout ce qui est de l'ordre du mouvement notamment (ah, Bruel et la danse...).

Nous sommes plus ou moins embarqués (pas subjugués, mais embarqués) (je parle pour moi) (n'oublions pas que la plupart des gens sont toujours des fans), les morceaux filent vite quand survient...

Bruel nous explique qu'il s'est rendu dans une prison faire un concert pour des détenus. Il raconte qu'il s'est "passé quelque chose de très.. hum... profond, les détenus qui n'étaient qu'une... entité... sont devenus... des individualités (le public est déchaîné face à cette extraordinaire sagesse, Patriiiiick comment t'es trop intelligent). Bref, il a parlé, les yeux dans les yeux, à ces êtres qui ont aussi un passé, une vie, une histoire à eux, il leur a demandé pourquoi... (avec le ton bien sûr). Il est rentré et, bouleversé,  s'est demandé ce qu'était une vie où on ne voit pas grandir son enfant, et il a composé, avec son pianiste Machin à Montreuil cette chanson (quand il prononce "Montreuil", on entend un Ouaiiiis auquel il lance un cinglant "C'est là où t'habites, c'est bien"). 

Et puis, il entonne la chanson, les premières paroles, "... j'étais nu comme une pierre...". A ces mots, de nouveaux "Patriiiccck ouaiiis" se font entendre (l'idée qu'il soit nu en excite plus d'une, manifestement). Oui mais. Il est grave vénère. Il stop net la chanson. "On arrête là, vous pouvez pas vous arrêter sur des mots comme ça, là, ça n'a pas de sens, on la refait". Il continue sur ce ton de terrible mépris (odieux, le mec). "Hier, justement, j'étais vraiment fier du silence extraordinaire que le public a fait sur cette chanson" (alors que vous, vous captez rien).    

Ok, le thème était grave, et l'emballement n'était pas du tout à propos, mais tout de même, envoyer à des fans qui ont payé une forte somme pour venir et surtout à des gens qui viennent juste de crier qu'ils sont fous de lui, le message selon lequel 

VOUS = TEUBEES

C'était comment dire... violent.

Son visage s'était transformé, ambiance "Putain mais arrêtez d'être aussi cons". 

A la limite, un petit "s'il vous plaît" aurait suffi à calmer le jeu, les gens ne sont pas si cons justement. 

On aurait même pu partir du principe que les gens comprendraient la chanson d'eux-memes et finiraient par respecter ce grand moment de recueillement qu'il nous offrait.

Ma voisine (celle à la sale voix) a considéré que bon, elle le comprenait. 

D'autres autour ont moins bien compris...

Bref, personnellement, ça m'a calmée direct.

Il a ensuite redétendu l'atmosphère, ça allait, les choses se sont remises d'aplomb. 

Comme le remarquait Lau "Alors lui, il a pas besoin de cours pour gérer une salle". 

Certes. Plus personne ne mouftait quand il fallait pas. Les gens faisaient tout ce qu'il disait "Putain mais lève les bras, tu vas te faire tuer". 

Il nous a dit "Merci, vraiment, pour l'accueil". 

Hum de rien, mais c'est pas comme si on avait une marge de manoeuvre.

Bien pour moi le meilleur moment du concert fut sa magnifique reprise du Métèque de Georges Moustaki... 

Lau qui a déjà vu Bruel plusieurs fois en concert a indiqué que c'était le premier qui la laissait sur un effet aussi mitigé.

Pour ma part, il y a définitivement deux Bruel. Celui de ma jeunesse et celui d'aujourd'hui. 

Peut être que trop de Patriiick finissent par monter à la tête.

 

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thomas 21/04/2015 02:51

Il trouve formidables les personnes qui purgent des peines de prison (et la justice est clemente en France) par contre il meprise les sympatisants du FN refusant de "beugler" dans les villes dirigees par ce parti. A mediter,,,,,,

http://www.chansons-paroles.com/ 17/07/2014 13:00

Ca fait peur, ma parole...

Elodie 03/08/2013 10:48


Bonjour,


JE viens de tomber sur ton article qui m'a interpellé. Pourquoi car j'étais là le jour du concert de Bruel, le 30  mai cela fait des années que j'espérait ce concert, et je ne suis pas une
fan de Bruel, car je n'aime pas ce mot je trouve que c'est vraiment inappropriée et passé un certain âge c'est autre chose que le chanteur et l'acteur me fait ressentir... Bref je ne vais pas
m'étaler mais j'étais là ce jour là je l'ai senti tendu, énervé et franchement moi qui attendait ce concert avec impatience je peux te dire que la réflexion qui la faite ma enormément déçu, la
comparaison avec le concenrt de la veille encore plus. et en plus je ne l'ai pas senti en phase avec son public, dan sle sens ou j'ai trouvé qu'il n'a pas fait participer les gens...


Sarah Fistole 27/06/2013 19:20


J'ai vu les Worlds Apart. Oui Oui.

FLG 04/06/2013 21:02


Mince, moustache a écrit avant moi le commentaire sur Johnny Cash !

labelette 27/06/2013 00:17



C'était d'ailleurs un excellent et très pertinent commentaire. M'étonne pas que t'aies eu le même!



Lulu From Montmartre 02/06/2013 19:19


Ah Patrick... C'est une longue histoire... Moi j'étais fan de la première heure, j'ai vu son premier concert à l'Olympia, je suis allée au Zenith deux fois je crois, mais j'ai toujours trouvé
qu'il était bien meilleur comédien que chanteur, et surtout j'ai complètement décroché au moment de la fameuse Bruelmania. Patriiiiiiiiiiiick, très peu pour moi. Et puis bon, après j'ai eu
l'occasion de le rencontrer (pour le boulot !), il est très sympathique mais souffre énormément de n'être considéré que comme un chanteur de variétés (ceci expliquant sûrement sa réaction). Il
n'en reste pas moins que c'est un type brillant, que définitivement je n'aime pas ce qu'il chante, mais que je l'aime bien quand même... 


Et pour info, je confirme que Sinclair et Amanda, ce n'est plus d'actualité !

Jeanne qui connaît Stéphane 01/06/2013 23:34


Quand j'y réfléchis, je me dis qu'il y a peu de choses non comestibles (et organiques) qui se bonifient au bour de 20 ans.


Merci de nous avoir épargné cette dépense, DB! 

Fabignou 01/06/2013 20:35


J'étais fan aussi il y a 20 ans, j'imagine bien ta déception ! La description du comment du pourquoi de chaque chanson, ça devait être d'un lourd ! Hé mec, c'est un concert pas un documentaire
sur toi, ta vie, ton oeuvre, pffff :-)


Et le coup d'interrompre la chanson, non mais pfffff bis, tiens, c'est d'un pédant ! Ça me fait penser à cette petite scène que j'avais bien aimée, comme quoi on peut être doué et pourvu d'humour
:


http://www.20min.ch/ro/multimedia/stories/story/Le-mobile-sonne--le-violoniste-interprete-31587330

delphine 01/06/2013 10:39


C'est sûr que se faire engueuler, lors d'un concert, ça doit refroidir direct.

Sarah Fistole 01/06/2013 09:58


Décevant. Vingt ans dans les dents c'est beaucoup. Perso, j'étais fan des boysband, tu comprendras que je ne tenterai jamais un quelconque concert!

labelette 27/06/2013 00:17



Lesquels t'as vu en concert? Les 2be3? Raconte!



LaBij 01/06/2013 09:32


Sais tu qu'à 15 ans, j'ai été avec des copines de classe sonner à la porte de Patriiiick ! Il nous a ouvert en pyjama. L'accueil n'a pas été glorieux !! Mais c'était compréhensible...


Y'en a vraiment qui se la pète ! Le seul, l'unique, le magnifique c'est Jean-Jacques Goldman. Sobriété, authenticité et modestie. Y'a pas mieux.


 

Ginger 31/05/2013 23:43


La chanson est un art intrinsèquement jeune, j'aurais bien aimé garder Patriiiiiiiiiiiiiick aussi (celui sans la barbe de 3 jours)...

Stiop 31/05/2013 22:14


Il est peut-être meilleur en acteur... J'ai vu Le Prénom le mois dernier, et il s'en est pas mal sorti. J'ai eu la chance de voir S. Gainsbourg au Zénith en 1991 et le mec ne
trichait pas avec le personnage qu'il était à la télé : distant, précieux, fumant Gitane sur Gitane, caustique, grossier. Et puis, il a interprété "La Javanaise" et le temps s'est arrêté,
gracieux, céleste. Je donnerais une fortune pour le revoir 20 ans après, aujourd'hui, demain...

Pupumêmejourmêmeheuremêmepommes 31/05/2013 22:01


Les boules !!!!!!!! 


PS : Amanda Sthers, elle n'est plus avec Sinclair, non ??

labelette 27/06/2013 00:15



NOn, elle n'est plus avec, c'est confirmé ;)



moustache 31/05/2013 21:59


N'est pas Johnny Cash qui veut.

Au p'tit bonheur 31/05/2013 21:16


Nan mais purée, il fait quoi Patriiick, il vient de faire son coming out de méga- égocentrisme. Je comprends qu'elle se soit barrée Amanda, c'est pénible de vivre avec un mec comme ça.

labelette 27/06/2013 00:14



C'est clair, il disait d'ailleurs récemment que "la fidélité dure le temps de l'étonnement". ça donne envie d'être avec!



Vanette 31/05/2013 20:48


Très très beau compte rendu . Manifestement, ce n'est pas le Bruel que j'ai eu le plaisir (oui, le plaisir, moi qui n'écoutais que du punk, j'ai fait cet écart pour faire plaisir) de voir il y a
20 ans.
On ne peut pas être et avoir été... dans un sens comme dans l'autre.

labelette 27/06/2013 00:14



Je suis sûre qu'il y a 20 ans, c'était en effet autre chose. Dommage, j'y suis allée au mauvais moment!



Stelda 31/05/2013 20:43


En effet, pas besoin de service d'ordre ni de chaffeur de salle. Rien qu'à te lire, je suis calmée.


C'est dur d'être déçue par un ancien amour (j'ai vécu ça avec Marc Lavoine, je te le raconterai en buvant un panaché, ça nous renverra à nos anées lycée).

labelette 27/06/2013 00:13



Mince, du coup j'ai oublié de te demander pour Marc Lavoine!



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