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28 Jan

Pourquoi je reprends mon blog...

Publié par labelette

 

DSC07005Quand je pense que jusqu'au 1er janvier dernier, j'écrivais tous les textes de ce blog comme ça, dans le feu de l'action, avec une légèreté de pâquerette.

Un truc m'énerve? Hop, un billet au second degré! Un truc m'attriste, me contrarie? Idem!

Ah, ça va mieux...

Le micro-événement, aussitôt apprivoisé et mis à distance par l'écrit, devenait gérable (jusqu'au suivant) (10 minutes plus tard).

Tout cela peut sembler disproportionné. 

Attends, ne me dis pas que ce truc ridicule t'a rendue malade?

Attends, faut pas écouter ce qu'il te dit, c'est un con!

Mais laisse couler, tu vas pas te prendre la tête à chaque fois!

Voilà, c'est ça le problème. 

Je n'en ai pas l'air, mais je suis du genre sensible (susceptible?) (aussi). Une petite réflexion, un non-dit léger suffisent à ébranler ma confiance. J'organise une soirée avec 50 personnes, je me focalise sur celle qui se met à l'écart. 

Mais pourquoi elle fait la gueule? Pourquoi elle est triste? Pourquoi elle m'agresse sans arrêt? Qu'est-ce qu'elle à critiquer? 

Putain mais qu'est-ce que j'ai fait?

Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, je passais mon temps à faire ce petit truc qui pourrit bien la vie : CULPABILISER.

Je vous rassure, je n'ai pas radicalement changé, j'ai simplement compris que si se poser la question de la culpabilité pouvait avoir un sens (il ne faut pas laisser quelqu'un se faire accuser à sa place, c'est mal), c'est souvent injustifié. Si si (ou alors, vite fait).

Parce que c'est un peu... egocentré (eh non, tout ce qui se passe sur Terre n'est pas de mon fait...).

Il faut, parfois, accepter que des choses nous échappent. 

Elle fait la gueule... parce qu'elle vient de s'engueuler avec son mec.

Elle critique tout... parce qu'elle a toujours fait comme ça, elle n'a jamais eu beaucoup d'estime pour elle-même.

Elle est triste... parce qu'elle se sent triste.

Nous savons tous que nous n'avons pas le temps, ne prenons pas la peine, ne souhaitons pas forcément comprendre tous les mécanismes qui meuvent chacun.

L'osmose parfaite entre tous les êtres humains, c'est pas pour demain, voilà un scoop qui valait bien que je reprenne mon blog.

Tout ça pour dire quoi?

Que le 2 janvier, j'ai appris (retour à ma petite personne, je me sens tout de suite plus à l'aise) que deux membres de mon entourage lisaient mon blog depuis très longtemps sans me l'avoir jamais dit.

Qu'lls avaient été très blessés par les passages qu'ils avaient relevés les concernant (peu importe s'ils les concernaient ou non, c'était leur perception et cela ne doit pas être discuté).

Vous imaginez bien que pour moi qui me rends malade pour un oui ou pour non, ce fut pareil à un tombage immédiat dans précipice.

Une secousse en zone fragile est pareille à un séisme.

C'était mon blog, j'étais donc responsable de ce qu'ils avaient ressenti.

Seul fruit récolté par mon blog merdique : de la tristesse.

J'ai provoqué moi-même le court-circuit. 

Game over.

Je me suis aussitôt mise en mode COUPABLE. Et s'ils avaient raison? Et si je passais vraiment mon temps à insulter tout le monde? Et si je m'en prenais vraiment aux enfants sans défense? Et si je n'étais qu'une machine à blesser, sans penser jamais aux autres? 

J'ai réfléchi. Réfléchi. Essayé de tout démêler (cf maux de tête). Je suis passée par tout le panel d'émotions possibles. 

L'énervement. La rage. La tristesse. La décontraction (2 secondes). L'empathie. Le dalaï-lamisme. 

Je me suis mise à leur place, et je me suis demandé ce que j'aurais fait. 

Je n'ai plus dormi. 

Et puis, parce que le monde n'est pas si mal fait, d'autres ondes de choc sont parvenues à moi. 

Mon blog, apparemment, n'était pas si merdique.

Mais tu lis bien les commentaires, les mails des gens qui ne veulent pas que tu arrêtes?

Mais tu sais bien que tu n'as jamais voulu blesser personne? 

Mais tu vois bien que tu as beaucoup plus de gens qui veulent que tu continues?

Oui oui je sais (genre).

Le truc, c'est que savoir, chez moi, c'est pas un truc qui fonctionne. 

Si vous voulez savoir des choses, ne me les demandez pas. 

Je pourrai tout au mieux vous envoyer chez quelqu'un d'autre.

Je suis trop focalisée sur ce que je ressens, voyez-vous. Et là, je culpabilise, c'est tout. 

Et un monstre, ça ne mérite pas d'avoir des lecteurs.

Mais... tu prends les lecteurs pour des crétins?

Mais... tu prends tes amis pour des crétins?

AH NON PUTAIN ALORS LA NON PUTAIN C'EST CLAIR QUE NON T'ES DINGUE OU QUOI.

Peu à peu, après 724 discussions, 123244 minutes de réflexion intense et une balade à Auschwitz qui a fait son petit effet, j'ai commencé à y voir plus clair. 

Pourquoi ai-je créé ce blog? Pour trouver une voix qui soit la mienne, après avoir passé des années à épouser la voix de certaines marques et de certaines personnes (eh oui) (à force d'écrire et de communiquer pour d'autres, il fallait bien que je trouve un moyen d'écrire putain quelque part). 

Pourquoi ai-je créé ce blog? Pour sentir que mes émotions, mes réactions pouvaient entrer en résonnance avec celles d'autres personnes. 

Pourquoi ai-je créé ce blog? Pour savoir si des gens que je ne connaissais pas et donc parasités par rien, pourraient s'intéresser à ce que j'écrivais ou à ma façon d'écrire. 

Pourquoi ai-je créé ce blog? Pour aller vers des sentiers riches et inconnus, sans même savoir lesquels. Des sentiers que je n'aurais sans doute jamais empruntés si blablabla. 

Pourquoi ai-je créé ce blog? Pour m'aider à me construire, me donner de la force et cette fucking confiance.

Mais écrire un blog, surtout un blog d'humeurs, surtout un blog non anonyme, c'est s'exposer. Et prendre des risques.
Chaque texte peut être source d'incompréhensions, d'agacements, d'éventuelles blessures.

Tout le monde peut se reconnaître partout dans la mesure où tout le monde est SOURCE D'INSPIRATION. 

Il faut s'attendre, lorsqu'on tient un blog comme celui-ci, à tous les types de réactions. 

- Elle écrit hyper mal, elle met des putain partout et elle écrit comme parle : son blog est nul
- Elle se la pète à mort à juger tout le monde

- c'est hyper impudique, son blog

- C'est sûr que c'est pas à elle qui a écrit le texte sur Auschwitz, elle, elle n'écrit que des conneries

- elle est hyper superficielle avec ses brunchs et ses histoires de serrurier. On s'en tape de sa carte vitale qui a disparu dans la poissonnerie.

- Attends, t'as vu comment elle parle de ses enfants, c'est abusé...

- Elle parle de moi, là, elle est odieuse, viens lire, elle est odieuse!!!!

A un moment donné, il fut donc temps pour moi d'examiner la balance. 

D'un côté, ce que le blog m'avait apporté. De l'autre, les mauvaises réactions qu'il avait suscitées.

Et bon, je suis honnête, la balance penchait grave d'un côté. 

Les "mauvaises" réactions sont inévitables. Et l'on ne peut pas passer son temps à remotiver la personne qui se met à l'écart de la soirée si elle n'a pas envie/besoin de jouer le jeu.

Il faut profiter de ceux qui passent une bonne soirée, là, avec nous. La prochaine sera encore meilleure, on compte sur vous, hein? 

Mon blog répond à bon nombre de ses objectifs, il m'emmène je ne sais où mais quelque part. J'ai écrit chaque billet avec plaisir. Parce que j'étais, disons, dans un certain espace de liberté et de bienveilance. 

Je le reprends parce qu'il me permet de m'exprimer de différentes façons. 

Et il sera désormais sa seule justification. 

"C'est de moi que tu parlais?"

"C'est vrai ce que tu racontes?"

Lis. Et c'est tout. Ou ne lis plus. Et c'est tout. 

Il ne s'agit que de moi et de mes perceptions. Et c'est déjà pas mal. Une grande chance, même, d'avoir un exutoire. Un territoire dont on fixe soi-même les codes. 

Ce séisme m'a permis de fortifier (un peu) mes fondations. Mon blog évoluera sans doute encore, et encore, jusqu'à fermer, ou pas. Je sais pas. Je navigue à vue, oui, je sais, ça se voit. 

J'ignore qui sera du voyage avec moi, j'ignore s'il me restera des lecteurs après tout le flot d'humeurs variable qui ne manquera pas de suivre. 

Sachez juste que le virtuel a beau n'être que virtuel, de vrais trucs se passent. 

Des trucs de ouf. 

Quant à ceux qui m'ont soutenue, putain, vous m'avez bien fait comprendre le sens du mot soutien. 

PS : ce texte est le dernier que je publie en mon nom propre sur Facebook. Ceux qui souhaitent suivre mes "aventures" devront désormais s'abonner au blog ou bien adhérer au Comité de Sauvegarde de la Belette en Milieu Hostile (lien ci-contre). Les autres, à bientôt, peut-être... Ailleurs et tranquillement. 

 

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Elsa jalouse de Magali 03/02/2013 11:06


Ah merde on a déjà une gagnante, va falloir sortir le grand jeu !

Magali 31/01/2013 21:41


Bavo ! Je suis ravie que vous repreniez votre blog. Entretemps, je me suis régalée d'anciens posts : je ris très souvent, de temps en temps à gorge déployée (vraiment !) (mon mari trouve ça
bizarre), parfois j'ai la larme à l'oeil. J'aime vos impostures qui ressemblent tellement à la vraie vie ! Grand merci !

labelette 01/02/2013 02:50



oh Magali, ça, c'est gentil, ça mérite un award! (voir billet suivant) merci, ça me touche beaucoup!



chantal 30/01/2013 14:11


Félicitations , pour cette reprise , moi j'adore le style si particulier de votre blog!

labelette 30/01/2013 16:10



AH, merci Chantal, figurez-vous que "style si particulier" , ça, ça me fait sérieusement plaisir!



Jimidi 29/01/2013 17:40


Humour noir : Et là, à la suite d'un billet intitulé "Pourquoi je reprends mon blog" : rien. La panne, le trou. L'envie, oui, mais plus rien derrière.


 


(Hé, ho, déconne pas. Si j'écris ça, c'est juste pour être sûr que ça n'arrivera pas !)


 


 

labelette 30/01/2013 16:37



Disons que... On a le même genre d'humour.



claire 29/01/2013 12:28


contente de vous voir de retour! (surtout pour les mises à jour people, je suis complètement larguée)

labelette 30/01/2013 16:38



Je suis larguée aussi mais je m'y remettre et je vous tiens au courant!



Chouf 29/01/2013 11:54


Je crois que je pourrai mourir si qqun de mon entourage lisait mon blog sans que je sois informée... mourir... ou je sais je suis dans la demi-mesure...


Et en plus s'ils ont été blessés, je te rejoins dans le précipice....


Contente de te revoir ici en tout cas!

labelette 30/01/2013 16:39



On peut remonter du précipice, il faut le savoir ;)



br'1 29/01/2013 08:43


Jeu suis conntennteu, p'taing-cong! (en toulousain dans le texte)

labelette 30/01/2013 16:39



Merci pour ces mots du Sud...!



Kimie 28/01/2013 22:23


Et bien moi, je lis ! 

labelette 30/01/2013 16:39



Et bien, merci Kimie!



Mikl 28/01/2013 20:27


Ne vous retournez pas tout de suite DB, mais juste en dessous, y a une autre Belette, hypra cheulou, qui fait tout comme vous et répète tout ce que vous dites...


En même temps par les temps qui courent, il en vaut mieux deux que pas du tout.

fabienne 28/01/2013 17:52


Tout cela est bel et bien dit ; pas de facebook pour moi, alors la Belette c'est juste la Belette, ici, et elle est de retour, ça c'est chouette !

labelette 30/01/2013 22:49



La chouette belette est ravie, merci!



pascale 28/01/2013 17:44


Et bien ça me fait bien plaisir de repartir en balade avec toi! Je me retrouve bien dans ces sentiments ambivalents, raconter et devoir ensuite assumer les critiques, les contrôles, le risque de
ne pas être compris...


Merci chère Belette!! et à bientôt!

labelette 30/01/2013 23:19



Merci, je me sens moins seule du coup!



mmarie 28/01/2013 16:48


Eh ben moi j'en suis, du voyage !


(youhou)


Ce matin un heureux hasard m'a fait croiser une ancienne collègue et vraie chouette copine - la fille au sourire le plus lumineux que je connaisse.


Et maintenant j'apprends, par un texte toujours sincère et juste, en plus d'être drôle, que la Belette est de retour pour de bon et en dépit du milieu hostile.


La semaine sera plus joyeuse que prévu !

labelette 30/01/2013 23:03



Mmarie, tu es courageuse, car je ne sais pas encore où on va! Merci d'être du voyage, et ta copine au sourire lumineux, j'espère qu'elle se porte bien!



Chloé 28/01/2013 16:39


Ouuuuuuaaaaaaaaaais la Belette is back ! Ca fait vraiment plaisir, et j'comprends totalement cette grosse remise en question, j'aurai moi-même jamais le cran de faire un blog (surtout) non
anonyme, je penserais sans cesse aux personnes (en particulier des connaissances) qui pourraient tomber dessus et me juger, mal interpréter ce que j'écris, etc. Pas facile de s'exprimer en toute
liberté... mais tu le fais si bien !

labelette 30/01/2013 23:20



Merci beaucoup Chloé, participe au mien quand tu veux, personne de tes connaissances ne t'y retrouvera!



B. 28/01/2013 15:50


Et surtout continues et  ne t'arrete pas ! j'aime ta façon d'écrire, j'aime tes pensées. Allez !

labelette 30/01/2013 22:49



D'accord, j'y vais ;) Merci pour les encouragements!



Elsa Saône 28/01/2013 14:42


Je reste et je salue par une hola (ouais bon toute seule, c'est moins parlant) ton retour ! Longue vie à la Belette !

labelette 30/01/2013 23:21



Non, une hola seule, c'est plein d'audace, merci Elsa!



Jimidi 28/01/2013 13:57


Pas sûr d'avoir bien compris où on pourrait lire quoi, mais ici et Belette, ça m'irait bien. Y'a un autre truc qui aide à ne pas culpabiliser, du moins pas exagérément, c'est de s'apercevoir que
c'est (souvent) exactement la réaction attendue par ceux à qui, du coup, ça épargne de se remettre en question. Oui, bon, on ne va pas non plus passer en mode parano et s'interdire de réagir,
comme on sait hélas le faire, pour éviter de laisser penser qu'on est également sensible à la manipulation (plus compliqué, tu meurs), mais l'idée, c'est quand même de bien faire et
laisser dire. 

labelette 30/01/2013 23:15



Oui, tu as raison, suivons tous tes conseils. Le passage sur Facebook ne concerne que ceux qui accèdent à mes textes en cliquant sur les liens que je mets (mettais, donc) sur mon nom (et pas mon
pseudo). 



au p'tit bonheur 28/01/2013 13:53


Ah bah zut alors, j'avais fait un com mais il n'est pas passé, je recommence : Standing ovation pour la belette !

Fabignou 28/01/2013 11:40


Mais merci quoi ! Déjà pour la reprise du blog, c'est peut-être trop mais je me sentais toute triste le matin en faisant défiler ma blog roll, et énervée ensuite, et pleine d'impuissance, bref,
pas contente du tout :-)


Et ensuite, merci pour la coupable qui sommeille en moi, quand tu parles de résonnances chez tes lecteurs, là on y est en plein ! Je me suis améliorée ces dernières années, je ne me sens plus
responsable de tout et n'importe quoi et je ne passe plus (tout) mon temps à me triturer la cervelle, mais bon sang, la confiance en soi et la légéreté restent des édifices fragiles ! Alors
merci, parce que cette non-abdiquation de la Belette en milieu hostile me fait jubiler et me regonfle à bloc :-)


P'tain, ce que j'aime internet, quand même !

labelette 30/01/2013 23:26



Je suis vraiment ravie que cela ait permis de te regonfler à bloc, rien que pour ça, je me dis que les blogueurs ont aussi leur petit rôle!



Stelda 28/01/2013 10:45


J'aimerais bien mettre putain partout, moi aussi. On a beau dire, c'est tout de même l'une des expressions les plus sincères de la langue française. Ca me démange mais j'ose pas (encore).
Continue la navigation à vue, je t'en prie : ça te réussit très bien. Et merci. Putain, suis trop contente!!!!

labelette 30/01/2013 23:28



Putain, j'adore quand tu dis putain. ET je suis d'accord : c'est le mot le plus sincère qui soit... Tu verras, une fois lancée, on ne peut plus s'arrêter de l'utiliser (si on m'avait dit qu'un
jour j'oserais écrire ce mot). 



Vanette 28/01/2013 09:35


Bah moi je reviendrai également, parce que je ne me sens pas visée par quoique ce soit et que le matin, avec mon café et Bad Baby sur les genoux, je lis La Belette, et pis c'est tout. Si on nous
enlève ce moment, Bad Baby, il ne comprendra pas, il est trop petit !

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