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14 Dec

Strasbourg sans choucroute ni cannelle, c'est possible.

Publié par labelette  - Catégories :  #MANGER - MANGER - MANGER

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Lau et moi avons bien conscience que c'est de notre faute si, aujourd'hui, quand on revient de quelque part, on ne nous demande pas si c'était beau, mais si ALORS, VOUS AVEZ MANGE COMME DES MALADES? (le lancement de Coupsdefood n'a rien arrangé, vous vous en doutez).

A Strasbourg, comme partout ailleurs, nous avons bâti nos itinéraires en fonction de notre repérage gastronomique préalable (préalable, genre en arrivant à la gare, on a trouvé un Nouvel Observateur spécial Strasbourg gourmand).

Je dois avouer que nous devions initialement aller à Londres et que le choix de Strasbourg fut une agréable solution de repli certes, mais pas particulièrement en raison de la gastronomie alsacienne (ne mangeant ni porc ni cannelle, nous ne sommes pas très alsaco-compatibles). 

Bref, nous avons préféré nous atteler à tester des adresses recommandées par le magazine et par nos éclaireurs Coupsdefood, plutôt qu'à une scrupuleuse immersion dans la cuisine locale traditionnelle.

Aussitôt arrivées, direction la boutique de pains d'épices de Mireille Oster, la plus prisée. On en achète pour les offrir et moi je suis en apnée dans la boutique.

Puis, c'est pas tout ça, on dépose nos affaires dans l'appartement de nos hôtes qui ont la gentillesse de nous laisser une assiette remplie de bredeles et autres manalas (sablés et brioches, avec toujours cette petite pointe de l'épice marron qu'ils kiffent) (normalement, yen a pas dans les manala, mais là ils ont voulu nous faire plaisir).

Merde, on va être en retard à l'Eveil des sens. C'est quoi? Un resto situé au coeur du quartier médiéval de la Petite France (the place to visit à Strasbourg) et qui allie "tradition et originalité". Après vérification, le mélange, réussi, se lit tant dans l'ambiance que dans la déco ou encore les plats. Le lieu est chaleureux, et la cuisine assez raffinée. Un gros bémol cependant avec le gravlax de saumon qui m'est d'abord arrivé dans une version improbable (queue du saumon, chair indétachable). On m'en a servi un autre, mais bon, j'ai bien vu que la serveuse aurait préféré que je me taise. 

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Version 1 du saumon mariné façon Gravlax (la pas bonne, tant pis pour la serveuse)

Coeur de saumon mariné façon Gravlax, carbonara de raifort et truite fumée

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Opéra de foie gras, compotée de poire, pain d'épices et gelée à la Chimay (Lau a aimé)

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Carré de veau cuit à très basse température, légumes de saison et sauce au foie gras (top)

Derrière, pastilla de canard, coulis de navets au miel,mesclun de salade

Nous n'avons pas pris de dessert, parce que nous voulions manger léger.

Après une pause café à l'appartement (ci-dessous, le café que m'a fait Lau, je vous le conseille, la capsule intégrée, c'est délicieux), nous avons arpenté les ruelles qui avaient le bon goût d'être sans voitures, découvert les superbes maisons à colombages et la fameuse grande Cathédrale en grès, donc un peu rosée, à la majestueuse beauté. 

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Trop bon!

Après, et vraiment parce qu'il faisait froid, nous avons rejoint Albane (qui vit à Strasbourg depuis quelques mois) chez le célèbre pâtissier Christian. Ce dernier a été le premier pâtissier d'Alsace à essayer de "désucrer" les gâteaux. Nous voulions nous y rendre vers 17h, mais Albane nous a prévenues que le lieu étant très prisé, nous risquions de ne trouver à 17h que le souvenir des gâteaux mangés par d'autres. Bref, à 16h, nous nous pointons et traversons la boutique pour gagner dans une sorte d'arrière-cour la partie salon de thé. Une dame s'échappe discrètement de la queue (en nous poussant) pour se jeter sur la dernière table libre, peine perdue, on est presque en Allemagne, elle est arrêtée par la serveuse. Le service est survolté, ça débite sec ici, on n'est pas là pour faire du tricot. Au final, on prend toutes de la bûche, mais c'est pas comme si on avait le choix (restent deux parts de tarte et un faux Mont Blanc qu'Albane me dissuade de prendre). Lau et moi sommes plutôt déçues, la bûche (praliné pour elle, poire-chocolat pour moi) ne casse pas des briques, assez sucrée, peu intense et sans originalité côté textures. les chocolats chauds sont quant à eux plutôt fades (ceux qu'on a choisis, la carte était longue), avec un petit côté épicé dans le lointain qui n'était pas pour me plaire....

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Après cette pause légère pour nous, nous continuons notre plongée dans les marchés de Noël, il fait nuit cette fois, et tout prend d'autres couleurs, plus chaudes, plus festives.

En chemin, nous nous arrêtons chez un autre célèbre pâtissier, Thierry Mulhaupt, pour y prendre des desserts pour notre dîner. La boutique est petite, l'accueil est souriant et sympathique (mais là encore, la serveuse n'est pas foutue de nous dire quels sont les hits du lieu)(on n'a pas dit hits). Nous suivons les conseils de Christophe Felder (ex chef pâtissier du Crillon) qui recommande la tarte citron vert-basilic et l'éclair au chocolat. Nous les mangerons plus tard, très déçues une fois encore par la tarte dont nous ne sentons ni le citron vert ni le basilic. En revanche, l'éclair était parfaitement dosé en sucre, moelleux, à la ganache exquise. 

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Pour compléter le dessert de notre dîner, nous optons pour le Salon de thé Grand'Rue très couru pour sa tarte au fromage blanc. Nous sommes très chaleureusement accueillies par une adorable serveuse qui le regrette, mais non, on ne fait rien à emporter. Pendant qu'elle nous parle, nous ne décollons pas les yeux de la vitrine affriolante. En cet instant, la question du raisonnable s'évanouit : ok, on reste, aboule le clafoutis. Débarque un clafoutis tiède, fondant, la quintessence du clafoutis, accompagné étrangement d'une meringue (autre spécialité de la maison). Moi qui ne suis pas très meringue (parce qu'elles sont toujours dures), j'ai envie d'en manger quatre. Sans doute la meilleure que j'aie mangé de ma vie. Fondante à coeur, croquante (mais pas trop ) à l'extérieur, une tuerie pure et simple qui vient combler l'envie de sucré qu'on aurait pu avoir. A noter que nous sommes retournées le lendemain goûter la tarte au fromage blanc et que nous avons cette fois trouvé un accueil rebutant. Lau a demandé gentiment et au bout de 10 minutes si l'on pouvait commander car on était un peu pressées, le serveur a répondu oui, et puis un autre est venu quelques secondes plus tard nous dire que "Quand on est pressé, on ne va pas dans un salon de thé" (voilà, c'est le con dont je vous parlais hier). Lau l'a fusillé du regard tout le long, mais on est restées, trop envie de goûter le gâteau. 

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Yen a qui prennent leur petit chocolat chaud en douce.

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La fameuse tarte au fromage blanc, ici aux fruits rouges. On la goûtera le lendemain (parce que là, bon), très bonne mais rien d'exceptionnel. 

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The meringue (là elle fait pas rêver, mais bon j'avais que mon I phone et la lumière était pas très studio photo). Frâicheur et légèreté inouïes. 

Là, il était temps de rentrer faire une pause à l'appart, après toutes ces... visites.

Non, pas de café, merci Lau, un thé ce sera parfait. Laisse, je vais me le faire. 

Par chance, sur le chemin, nous avons été attirées par la devanture du resto "My mother's kitchen" (anciennement la Rivière des saveurs). Après avoir lu quelques articles dessus sur Internet, nous avons réussi à réserver deux places au bar pour un dîner qui allait s'avérer franchement top, festival ininterrompu de saveurs, textures et mélanges inédits. "Ici, on travaille du Levant au Couchant" (ou l'inverse, je sais plus). Avec son foulard, Richard Meier, le gérant, est bien sûr de son affaire et, à la manière d'un guide culinaire, il nous invite à prendre tel plat plutôt qu'un autre (ben, faut pas le mettre à ta carte si tu le déconseilles ensuite, chéri) et nous démontre par le menu qu'en gros chez lui, c'est mieux que partout ailleurs. Sa conception? "Moi, je pense qu'il ne faut se nourrir que d'aliments n'ayant pas muté". Il prône une cuisine ultra saine (on lui a dit que du coup on demanderait à quelqu'un d'autre des conseils pour le petit dej du lendemain) (il a approuvé), grâce à laquelle il était en si bonne santé qu'il s'apprêtait à courir en solo le long de la Muraille de Chine. Manger sain = fin des maladies. Ah d'accord. C'est sain le Nutella? Lumières tamisées, échanges de bouquins, nourritures spirituelles et haute gastronomie, on s'amuse malgré tout beaucoup à "restructurer" le plat qu'il a mis sous nos yeux (on mange dans n'importe quel ordre, s'il nous voyait...).  Ici, on kiffe et on a bonne conscience, c'est lui qui s'occupe de la diététique et de la sélection des excellents produits. L'Asie est là, subtile et explosive, au coeur de la Petite France, dans un resto qui pourrait bien attraper prochainement une étoile. 

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Toujours une lumière empêchant toute prise correcte de photo, désolée. La carte donne une idée. 

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Cadre et concept un peu prétentieux, mais une indéniable originalité tant dans l'approche que dans les plats.

Le lendemain matin, contre toute attente, nous avons petit-déjeuné plus que léger, avant de reprendre notre quête du "putain ya bien un marché de Noël qui vaut le détour à Strasbourg" (bof). Longue promenade qui nous a permis de découvrir pas mal de jolis endroits (pour en savoir plus, contactez l'Office de tourisme).

Vers 11h, nous parvenons enfin à la fameuse place Broglie où se trouve le plus grand marché. Un  commerçant nous vend du pain d'épices en nous demandant si on a conscience que c'est à Paris qu'il y a les meilleures ondes telluriques ("Si vous réussissez à Paris, ça veut dire que vous réussirez partout ailleurs"). Un autre ne comprend pas comment il est possible de ne pas aimer les épices de Noël "Non, mais, vous n'aimez rien alors?". Si si, t'inquiète. 

Ouh la, mais c'est qu'on va arriver en retard à notre dernière halte gustative majeure. 

Déjeuner dans THE adresse du moment, le restaurant haut de gamme 1741. Le chef Cédric Moulot, à seulement 34 ans, est la nouvelle idole du Strasbourg qui en veut. Installé sur les quais, le resto offre différentes ambiances : boudoir en bas, salons gastro aux 1er étage, et bistronomie au 2è (c'est là que nous sommes allées, cuisine ouverte et tabourets aussi élevés que l'addition). Aux casseroles, le chef étoilé Thierry Schwartz a placé son second qui propose une carte courte, avec des propositions pour les aventuriers (enfin, pas super aventuriers non plus) et d'autres pour les vieux routards à qui on ne la fait pas trop. Au final, j'ai vraiment passé un très très agréable moment en compagnie de la grande trouvaille maison, à savoir l'oeuf dans l'oeuf proposé aux truffes (entre deux pellicules de "blanc", la surprise du jaune coulant). Le plat, un boeuf façon Wellington (en croûte, avec sauce foie gras) était le minimum de ce qu'on peut attendre d'un endroit comme celui-là (bien réalisé, un peu trop épais à mon goût, sauce intense et juste, mais tout cela reste bien classique). Lau n'est pas prête d'oublier sa découverte du feuilleté fleur de sel (un genre de brioche feuilletée, truc de ouf il est vrai, texture intérieure proche d'un excellent croissant). Excellents pains maison, trio de micro-tartelettes en mignardises trop sucrées et sans grand intérêt. Superbe mise en bouche. Service moyen, on a râlé à cause de l'absence d'assiette pour poser son pain (on en a foutu partout) (la serveuse a reconnu qu'il en faudrait une). Le maître d'hôtel n'a pas aimé le fait qu'on ne prenne pas de vin (oui, mais là, c'est déjà très cher, tu vois). Cadre bof, jolie vue dont on ne profite pas des masses, et salle étriquée. Pour le dessert, on n'a rien pris, je vous rappelle que la tarte au fromage blanc mentionnée plus tôt intervient deux heures plus tard dans la journée. 

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Au centre, le fameux feuilleté fleur de sel. 

 

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Oeuf dans l'oeuf ouvert.

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Foie gras fumé (très bon). 

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Boeuf Wellington. 

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Voilà pour le tour d'horizon qui nous a laissé d'excellents souvenirs. 

Mais j'ai acheté un Mont Blanc que j'ai laissé le train.

Il avait l'air bon, dommage. 

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Ginger 15/12/2012 18:54


Je suis trop d'accord avec le monsieur, quand on est pressé, on ne va pas dans un salon de thé. Quel bon sens ces Strasbourgeois !

labelette 17/12/2012 11:03



Pffff.



cecilia 14/12/2012 17:01


Si on retourne en alsace on pourra vous faire un petit compte rendu choucroute car mon mari en mange une differente / jour minimum ! :p

labelette 14/12/2012 17:01



Sérieux? Whouaouh! Vivement le compte-rendu...!!!!



Alphonsine 14/12/2012 13:44


Hier, une amie m'a parlé d'un restaurant situé place de la cathédrale, qui propose des merveilleuses madeleines dans des bocaux en verre. Tous frais, tous les jours, joliment décorés.


http://www.aufonddujardin.fr/


Ce sera pour un prochain voyage dans l'est !

labelette 17/12/2012 11:06



AH ça c'est clair!



Alphonsine 14/12/2012 12:49


Je suis bien contente de votre séjour éclair. J'ai pris note d'un tas d'adresses.


Christian, je le trouve bof. Le personnel est hautain, en proportion des petites portions servies. 


Mulhaupt : j'étais devant sa vitrine hier, mais je ne l'ai pas trouvé transcendant. C'était plutôt artificiel. J'ai vu les mêmes gâteaux chez le commerçant qui vend des bougies en forme de
gâteaux.


 

labelette 14/12/2012 12:55



Oui, la meilleure adresse "sucrée" des trois que nous avons testées était sans conteste le Salon de thé Grand rue. Christian n'a aucun intérêt et Mulhaupt, on a aimé l'éclair, mais le reste j'en
conviens ne nous a pas fait de l'oeil (et la tarte citron vert-basiilic était très moyenne côté goût). Cela dit, on a ramené des Kouglhof de la Maison du Kouglof qui ont été très appréciés (je ne
les ai pas goûtés). 



lau 14/12/2012 08:51

En fait on a été super raisonnable.....on n'a même pas pris de petit dej !

labelette 14/12/2012 12:55



Oui, je trouve aussi. 



chocoladdict 14/12/2012 08:41


eh ben vous avez fait le plein niveau adresses gourmandes !


je suis allée à Strasbourg une fois mais j'avais juste mangé dans une auberge un peu typique (une spécialité autre que la choucroute car je n'aime pas ça) et j'avais fait une halte chez Mulhaupt

labelette 14/12/2012 12:55



T'avais aimé Mulhaupt? T'avais pris quoi? 



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